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L’emblématique maison de la vallée du Saint-Laurent, associée aux origines françaises de la colonie, résulte d’une lente et riche transformation. Celle-ci s’amorce au XVIIe siècle et se poursuit jusqu’au XIXe siècle. Dans les silhouettes de cette maison se lisent les modes d’habiter, mais aussi le peuplement et l’occupation des terres, qui ont conditionné son évolution.

Les premières maisons construites hors des villes, au XVIIe siècle, sont fort modestes ; généralement en bois, elles ne comptent qu’une seule pièce habitable. Puis, au XVIIIe siècle, la maison croît : à la première section s’ajoute une seconde, quelquefois en pierre. La prospérité aidant, il arrive qu’on reconstruise aussi la première section en pierre. Cet habitat agrandi compte deux pièces contiguës : la « salle » et la « chambre ». La « salle » sert aux activités quotidiennes. Son usage survit, encore aujourd’hui, dans la cuisine, pièce familiale par excellence. La « chambre » est plus privée, car on ne peut y accéder qu’en traversant la « salle ».

Dans cette demeure règne, jusqu’au début du xixe siècle, une grande promiscuité : plusieurs générations d’une même famille vivent en effet sous le même toit. La dimension restreinte des terres, qu’on ne peut indéfiniment diviser en lots, fait en sorte que les fils ne peuvent y construire leur propre demeure. On doit donc agrandir la maison à mesure que la famille s’accroît. Dans la région de Montréal, le peuplement est plus récent que dans la vallée du Saint-Laurent, ce qui permet aux fils d’acquérir de la terre. La cohabitation des générations y est donc moins répandue.

Le XVIIIe siècle apporte cependant un nouveau confort : le corps de logis double. Grâce à celui-ci, la maison peut aussi être agrandie en profondeur ; on y retrouve alors des pièces à l’avant et à l’arrière. Dans le système du corps de logis simple, les maisons étaient agrandies en longueur seulement. Les campagnes se ponctuent, dès lors, de ces maisons à la silhouette plus trapue, qu’on associe davantage au paysage des villes, où elles sont apparues d’abord. Les longues maisons (corps de logis simple) et les maisons plus trapues (corps de logis double) témoignent encore, en milieu rural, de l’évolution de l’habitat en Nouvelle-France.

 
 
 
 
   


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