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Au lendemain de la Conquête, les Britanniques introduisent au Québec le mode d’habiter unifamilial, qu’ils connaissent depuis le XVIIe siècle. Le Bas-Canada adopte sans délai ce nouvel art de vivre, qui met un terme à la promiscuité héritée du Régime français.

Cette maison unifamiliale, d’origine britannique, se distingue par son organisation spatiale : l’espace habitable est distribué autour d’un hall (un « palier » aux étages), qui, comme il dessert directement chaque pièce, favorise la vie privée. La maison est pavillonnaire (detached house) en milieu rural ; elle est mitoyenne, ou « en rangée » (row house), en ville.

Née après le grand feu de Londres (1666), la maison en rangée est appelée tantôt géorgienne (du nom du souverain régnant, George Ier), tantôt londonienne. Elle est peu ornée à l’extérieur et forme avec ses voisines une « terrace », un alignement séparé de la rue par une marge de recul et desservi par des ruelles (mews). Les « terrace », regroupées autour de parcs (squares), constituent de véritables quartiers privés pour familles de même condition sociale. Ce mode d’habiter est à l’origine de l’étalement urbain, bien typique de l’héritage anglo-saxon.

Au Québec, Anglais et Écossais adaptent la maison urbaine traditionnelle à ce nouveau mode d’habiter. Les premières maisons en rangée, hautes de trois étages, comme le veut le classicisme britannique, apparaissent vers 1815. Elles sont cependant coincées sur des lots étroits, résultat de la division française des terrains, en petites parcelles. Elles sont aussi dépourvues de ruelles et alignées sur la rue, d’où les singuliers portails avec emmarchements intérieurs et les portes cochères qui percent leurs façades.

Ces « maisons londoniennes », pour la plupart construites en pierre, ont survécu en nombre dans le Vieux-Québec. La distribution moderne de leur espace intérieur a permis de préserver le souvenir de la tradition constructive du Régime français, autant que celui de l’art de vivre « à l’anglaise », en un paysage de synthèse unique en Occident.

 
 
 
 
   


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