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Au Bas-Canada, l’impact de l’architecture des villas anglaises, inspirées par la vogue du pittoresque (rapprochement avec la nature), est considérable. Sous cette influence, la maison traditionnelle du Régime français se métamorphose, tout en étant remodelée par le néoclassicisme. Le mariage de ces deux styles architecturaux a généré une synthèse originale : la maison rurale du Bas-Canada, figure emblématique de l’habitat québécois.

Le « cottage rustique », maison de l’habitant transformée en villa, naît au moment où les Britanniques, installés au Bas-Canada, remanient l’architecture domestique traditionnelle pour la mettre au goût du jour. Déjà l’habitat urbain a changé, avec l’introduction de la maison londonienne dotée d’un hall d’entrée. La maison rurale, à son tour, adopte de nouvelles dispositions intérieures : le plan classique y impose une distribution symétrique des pièces, autour d’un hall central.

Puis, cette maison ouverte sur la nature – le perfectionnement des systèmes de chauffage permet d’élargir les fenêtres – s’adapte aussi à la sensibilité pittoresque. On assouplit la silhouette du toit, tout en le prolongeant de larmiers incurvés. Ceux-ci recouvrent, sur les façades avant et arrière, les nouvelles galeries devenues synonymes de villégiature. Sur la rive sud du Saint-Laurent, cette transformation engendre un dispositif technique original : un contre-larmier. Son incurvation, qui permet de surélever les murs au-dessous du toit débordant, crée une silhouette dynamique, particulièrement reconnaissable.

Les grandes villas, les maisons cossues, les presbytères et les manoirs établissent d’abord le modèle. Dans le contexte économique prometteur des années 1820-1830, cette nouvelle architecture devient rapidement très populaire. La disposition des pièces, le fenêtrage abondant et les galeries ombragées répondent bien aux besoins de l’époque. La silhouette de cette maison rurale, en pierre, en bois ou en brique, envahit bientôt toutes les régions du Bas-Canada. À partir des années 1820, elle domine le paysage. Avec ses grandes galeries couvertes, elle reste, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la figure principale des campagnes du Québec. Il s’agit de la première maison que tous ont reconnue comme véritablement « québécoise ».

Elle générera d’ailleurs, dès 1930, un néostyle très prisé dans les années 1970.

 
 
 
 
   


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