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Sur les artères prestigieuses des villes, dans la seconde moitié du XIXe siècle, apparaissent des maisons dont l’architecture distinctive leur a valu, depuis, l’appellation de « châteaux victoriens ».

On retrouve ces « châteaux victoriens » sur la Grande Allée à Québec, rue Sherbrooke à Montréal, Terrasse Turcotte à Trois-Rivières, rue Saint-Germain Ouest à Rimouski. Ces maisons de notables, somptueuses, s’inspirent de l’architecture des palazzi italiens ou de celle de la Seconde Renaissance française. Créées par des architectes, mais aussi souvent empruntées aux livres de modèles étasuniens, elles distinguent très tôt le presbytère, la résidence du médecin, du notaire ou du marchand général. Car les notables des villes et villages s’empressent d’adopter cette modernité, symbole de la nouvelle bourgeoisie économique.

En dehors des grands centres, ces modèles, entre les mains d’ouvriers enthousiastes, font l’objet d’adaptations intéressantes qui soulignent davantage leur originalité. Les entrepreneurs, les charpentiers, les ferblantiers adaptent les finis à la mode locale ou au goût du jour. Ils fignolent le décor, transposent en bois des façades proposées en pierre de taille, créent en fer-blanc des ornements de toiture et, surtout en milieu rural, amplifient les traditionnelles galeries, consacrées par l’image de la villégiature.

Dans le cœur institutionnel des faubourgs et des villages du Québec, la rue principale, entre l’église et le magasin général, est encore souvent bordée de ces demeures victoriennes, construites dans les années 1860-1914. Ces nobles demeures, avec leurs silhouettes découpées, ponctuées de tours, tourelles et galeries, ont été reconverties en auberges ou en hôtels, quand les grandes familles les ont abandonnées. Parfois, elles sont devenues bureaux de professionnels ou maisons pour personnes âgées, fonctions auxquelles les destinaient leur position centrale et leurs amples intérieurs.

 
 
 
 
   


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