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Pendant la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à la fin des années 1940, la pénurie de logements incite le gouvernement fédéral, par l’entremise de sa société Wartime Housing Limited, à construire près de 50 000 maisons pour les ouvriers de guerre et les anciens combattants. À l’enseigne du rêve du pavillon unifamilial, la « maison minimale », qui naît alors des recherches sur l’économie de la construction, répand partout au pays une figure bientôt familière, celle du bungalow.

La maison d’un seul étage au toit bas, associée à la Bengali Wooden House des colonies britanniques, apparaît d’abord autour des industries de guerre, souvent établies à la périphérie des villes, puis dans les nouvelles banlieues. Elle offre alors aux familles du baby-boom un habitat moderne, à un coût abordable.

À partir de 1946, la Société centrale d’hypothèques et de logement (SCHL), héritière de la Wartime Housing, aide les futurs propriétaires et les constructeurs. En plus de mesures de financement, elle leur propose des « modèles de petites maisons » signés par des architectes des quatre coins du Canada. La « maison pour la famille canadienne typique » s’y dessine : c’est le bungalow. Celui-ci devient le modèle dominant dans les catalogues de la SCHL. Il ouvre la voie à un mode de vie particulier.

Partagé en deux pôles qui étirent la maison, l’un autour du « vivoir », l’autre autour des espaces privés, le bungalow épouse le quotidien de la « ménagère ». La salle familiale de la maison de colonisation s’y retrouve, avec la cuisine élargie d’une « dînette ». Elle devient ainsi la pièce principale du bungalow : c’est là que l’on prépare les repas, que l’on mange et où les enfants font leurs devoirs, avant de descendre à la salle de jeux. Au Québec, l’habitude de construire sur de profondes fondations abritant chaudière (la « fournaise ») et combustible a favorisé l’aménagement des « sous-sols finis », consacrés dans les années 1960.

Le bungalow a profondément marqué le paysage québécois. On lui a souvent adjoint un abri d’auto (un car port) qui, au fil des hivers, a reporté sur l’un des côtés l’entrée principale de la maison. La population a préféré le bungalow aux modèles pittoresques de plusieurs initiatives gouvernementales et privées de l’époque. En principe standardisé, le bungalow a néanmoins engendré des paysages bâtis très variés, du fait que chacun l’a personnalisé par les matériaux, les couleurs et l’environnement paysager, selon l’évolution des goûts et des budgets.

 
 
 
 
   


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