Le paysage du Québec moderne est fait de divers types de bungalows ; notre époque y ajoute maints petits châteaux victoriens. Peut-on encore dire de nos maisons qu’elles sont « québécoises » ?
C’est un fait que la rentabilité foncière, la recherche du confort et l’accès à la propriété ont été les constantes qui ont alimenté les spéculations des propriétaires et constructeurs de maisons et logements depuis la Seconde Guerre mondiale. Depuis quelques années, l’éventail des préoccupations s’élargit ; dans le contexte de la mondialisation, l’art d’habiter interpelle à la fois notre identité et notre relation au monde.
Après l’ère de l’étalement urbain, l’heure est à la reconquête de la ville. Il y va d’une certaine qualité de vie, mais aussi d’impératifs économiques, individuels et collectifs. Plusieurs architectes se sont donc affirmés par une recherche originale, qui propose de nouveaux modes d’habiter, pour favoriser « le retour en ville ».
En milieu rural et en périphérie de la ville, la recherche d’une forme architecturale adaptée au pays s’est métamorphosée. La maison « québécoise » d’aujourd’hui est bien plus qu’une forme symbolique, portée par une quelconque silhouette ou un profil de toiture. C’est un objet qui se qualifie par sa pertinence dans son contexte (économique, climatique) et son architecture, qui est à la fois nord-américaine et nordique.
Enfin, les préoccupations environnementales et la conscience de l’état de notre planète ont abouti à l’énoncé de principes de « développement durable ». Le nouvel habitat, que certains prototypes nous laissent déjà entrevoir, s’harmonise à son contexte naturel, est fait de matériaux naturels (biodégradables ou recyclables) et construit avec des techniques non polluantes.