 |

Si l’accès au logement constitue la priorité des recherches sur l’habitat, la maison, elle, s’individualise. La conscience écologique et « l’écodesign » ont proclamé, à la fin du XXe siècle, le mariage de la maison et de son environnement. Aujourd’hui, les mutations et la diversification de ses occupants interpellent, plus que jamais, les constructeurs de demain. La maison devient « adaptable ».
Le concept du grow home, né de l’éclatement des structures familiales et des modes de vie traditionnels, perpétue l’idéal de la maison expansible. Ce concept reposait auparavant sur le bungalow modulaire et flexible. Désormais, la maison doit pouvoir accueillir tantôt les enfants de la famille reconstituée, tantôt les grands-parents et, tantôt encore, le bureau à domicile. La maison doit épouser, au fil du temps, l’évolution plus ou moins prévisible de la maisonnée. Elle devient adaptable. Le XXIe siècle technologique fait de l’innovation la clé première du design : la maison n’est plus pensée en fonction de modèles, mais plutôt en fonction de ses occupants. Elle est préfabriquée plus aisément, grâce au développement des matériaux et des techniques qui facilitent l’assemblage et économisent la main-d’œuvre. La maison s’automatise aussi, grâce à la domotique, tout en répondant très exactement à l’idée même que ses propriétaires se font du design. Déjà, les outils informatiques existent, qui permettent à chacun de créer sa propre maison. L’art d’habiter, hérité du confort victorien, s’y métamorphose pour s’adapter à la mobilité de la société nouvelle. Plus petite, mais aussi plus intégrée, la maison se prépare à accueillir des occupants nomades, dont le baluchon ne peut plus déménager le mobilier, que jadis on gardait toute une vie. La préfabrication, qu’on a aussi taxée de standardisation, promet plutôt à la maison un bel avenir. Celle-ci sera peut-être en polyuréthane plutôt qu’en bois, voire en matériaux recyclés, moins coûteux et plus disponibles. La maison de demain transformera profondément le paysage construit. La nécessité d’adapter les logements existants s’impose déjà. Cependant, le coût des terrains et des infrastructures appellera bientôt à de nouvelles organisations, à de nouvelles formes de densification. Sans doute opposera-t-on finalement, au retour à la ville, une urbanisation de noyaux ruraux. La périphérie des centre-ville et les banlieues ne seront plus jamais les mêmes…
|